Julie Davico-Pahin Ombrea
Total, Ombrea, agriculteurs : le modèle où tout le monde gagne
Cofondatrice d'Ombrea (vendu à TotalEnergies)
Julie Davico-Pahin a cofondé Ombrea avec son père, une agritech construite sur un modèle tripartite inédit : TotalEnergies finance les installations, les agriculteurs protègent leurs cultures gratuitement, et Ombrea pilote la technologie. Un équilibre qui a permis de lever plus de 20 millions d'euros avant une vente à TotalEnergies en 2024.
Le déclic : sauver les récoltes de son père
Journaliste pendant quatre ans (Radio France, CNews, Le Figaro), Julie Davico-Pahin n’avait rien prévu de tout ça. En 2016, son père, horticulteur, perd 25% de sa récolte à cause d’une sécheresse. L’idée naît de ce problème concret : des ombrières capables de moduler l’ombrage sur les cultures pour réguler température et humidité. Le vrai coup de génie arrive vite après : équiper ces ombrières de panneaux photovoltaïques, pour que la revente d’électricité finance l’installation sans endetter davantage les agriculteurs. Ombrea naît comme ça, avec un modèle où les producteurs d’énergie deviennent les vrais clients, et les agriculteurs des partenaires.
Financer sa startup grâce aux structures régionales
Le premier financement est un emprunt bancaire de 200 000€, garanti par l’hypothèque de l’exploitation familiale, une prise de risque totale assumée dès le départ. Le déclic vient d’une rencontre au salon des entrepreneurs de Marseille : le directeur du technopole d’Aix-en-Provence, séduit par le projet, leur ouvre un bureau à la pépinière CleanTech d’Aix un mois plus tard. C’est via cette pépinière qu’ils rencontrent des banquiers spécialisés dans l’innovation, capables de lire un business plan sur une technologie à impact plutôt que d’appliquer les grilles classiques. Première levée en 2019 : 1 million d’euros, bouclée en quelques mois, entièrement auprès d’acteurs locaux.
La crise de trésorerie sauvée par le confinement
Après la première levée, Ombrea recrute vite, s’engage sur des volumes avec les énergéticiens, mais peine à lever la deuxième tranche nécessaire pour tenir. En février 2020, la situation devient critique : trois semaines de trésorerie restante avant l’arrêt total. Le chômage technique du premier confinement, six semaines plus tard, sauve l’entreprise in extremis. Ombrea utilise cette pause forcée pour revoir tout son modèle. À la sortie, la société lève 10 millions d’euros en quatre mois.
Vendre son entreprise à TotalEnergies
L’histoire de l’exit démarre par un texto : Julie Davico-Pahin invite le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, à visiter Ombrea, sans jamais l’avoir rencontré. Il vient. Il reste une heure avec les équipes. Il donne un an à ses équipes pour racheter l’entreprise. Dans la négociation, une condition non négociable : le siège social reste à Aix-en-Provence, devenu depuis le centre international agricole de TotalEnergies. Le signing a lieu six mois après la naissance de son fils, avec trois générations réunies dans la même pièce au moment de signer.
Le prix du succès : burnout et renaissance
Un mois après avoir repris le travail chez TotalEnergies post-acquisition, Julie Davico-Pahin s’effondre en pleine rue, deux côtes cassées, un blackout. Trois mois d’arrêt suivent. « Je me rends compte que je ne peux plus retourner au travail », dit-elle. Pendant les huit années d’Ombrea, ses journées tournaient entre 8h et minuit : le travail chez Ombrea le jour, les soirées consacrées à la French Tech Aix-Marseille, dont elle devient présidente en 2022. Aujourd’hui, elle a fondé sa propre agence de conseil pour accompagner d’autres entrepreneurs, et lance avec son père le Domaine Héritage Victoire, un domaine oléicole familial qu’elle ne compte, cette fois, jamais vendre.
Julie Davico-Pahin — Cofondatrice d'Ombrea (vendu à TotalEnergies)
- Ancienne journaliste (Radio France, CNews, Le Figaro), avant de cofonder Ombrea en 2016 avec son père
- Ombrea : agritech spécialisée dans la protection climatique des cultures, plus de 20M€ levés
- Vendue à TotalEnergies en 2024, siège social maintenu à Aix-en-Provence
- Présidente de la French Tech Aix-Marseille (2022-2024)
- Aujourd'hui : fondatrice du Domaine Héritage Victoire (huile d'olive premium) et d'une agence de conseil pour entrepreneurs
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