Christophe Baralotto Provence Angels
80 startups financées, 18 millions investis : les coulisses de Provence Angels
Président de Provence Angels
Christophe Baralotto préside Provence Angels, qui a financé 80 startups pour 18 millions d'euros investis. Il dévoile les coulisses du réseau : sur dix investissements en amorçage, six à sept se soldent par une perte totale, une mécanique que la plupart des entrepreneurs ignorent avant de chercher des fonds.
Sur 10 investissements en amorçage, 6 ou 7 se soldent par une perte totale
Christophe Baralotto énonce une réalité que peu d’entrepreneurs connaissent vraiment : statistiquement, sur dix investissements en amorçage, six à sept se soldent par une perte totale, deux permettent de récupérer une à deux fois la mise, et un seul doit rembourser tous les autres. Sa règle pour tout futur business angel : ne jamais investir plus de 5 à 10% de son patrimoine financier dans l’amorçage, et toujours garder des cartouches pour réinvestir dans les tours suivants.
Comment Provence Angels sélectionne ses dossiers, de 500 candidatures à 7 en plénière
Provence Angels reçoit entre 400 et 500 dossiers par an. Une centaine sont examinés sérieusement, 40 à 50 fondateurs passent devant le comité mensuel pour douze minutes chacun, non pas pour convaincre d’investir, mais pour donner envie d’instruire le dossier. Environ trente dossiers partent en instruction, un travail de trois à six mois mené par des équipes de trois membres qui épluchent les comptes et interrogent les clients. Sept dossiers par an arrivent finalement devant les 110 à 120 membres du réseau, avec un taux de conversion de neuf sur dix une fois en plénière. Trois motifs éliminent un dossier d’entrée : l’absence de scalabilité, un stade trop précoce sans traction, ou une thèse trop éloignée du réseau.
La valorisation trop haute : l’erreur qui met une pression énorme sur l’entrepreneur
Pour Christophe Baralotto, une valorisation trop haute à l’entrée est une erreur colossale : satisfaisante pour l’ego, elle met ensuite une pression énorme sur l’entrepreneur pour la justifier au tour suivant. Les valorisations typiques de Provence Angels se situent entre deux et trois millions d’euros en pré-money. Sa règle sur la dilution : ne jamais dépasser 20 à 25% par tour, car au-delà de 40%, le fondateur n’est plus suffisamment incentivé aux yeux des fonds qui entrent ensuite, ce qui peut bloquer toute la chaîne de financement.
Le cash-out des entrepreneurs : pourquoi ce n’est pas tabou
À contre-courant de la culture française, Christophe Baralotto défend le cash-out partiel des entrepreneurs en cours de route : un dirigeant qui peut sécuriser une partie de son capital vers quarante ans prend moins de risques de se scléroser par peur de perdre le peu qu’il a. Sa conviction : cette possibilité libère l’entrepreneur plutôt que de le pousser à vendre prématurément à de mauvaises conditions par manque d’air.
Refusé deux fois par Provence Angels, il en devient président
Avant de diriger Provence Angels, Christophe Baralotto s’est vu refuser deux levées de fonds pour Provepharm, l’entreprise qu’il a fini par transformer en leader mondial des colorants chirurgicaux (90 salariés, 65 millions d’euros de chiffre d’affaires). Sa conclusion, sans rancune : il ne faut jamais laisser un refus fermer une porte durablement, un principe qui a guidé toute sa trajectoire, du laboratoire jusqu’à la présidence du réseau qui l’avait décliné.
Christophe Baralotto — Président de Provence Angels
- Études de chimie à Aix-Marseille Université avec son associé de toujours, Michel Féraud
- Dirige Provepharm pendant 20 ans, leader mondial des colorants chirurgicaux (90 salariés, 65M€ de CA)
- Cofonde Jump Venture en 2018 avec le produit de la cession de Mailinblack
- Rejoint Provence Angels en 2018, président depuis 2023
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